Tout ce que vous allez trouver dans ce guide
- 01Les incontournablesLes six plats qui définissent la ville
- 02Petit-déjeunerTostada à la tomate, mollete, tortilla, café bombón
- 03Le milieu de matinée : l'almuerzoBlanc i negre, montaditos, bière pression
- 04Les rizA banda, senyoret, negro, con costra, fideuà
- 05Cuisine alicantine de l'intérieurOlleta, pericana, gazpacho manchego, borreta
- 06Poisson et fruits de merCrevette, gamba rouge, poulpe séché, caldero
- 07Marché centralManger debout, le produit du jour
- 08SalaisonsMojama, œufs de poisson, capellán, morue
- 09Tapas et barsEnsaladilla, croquettes, gilda, coca, artichaut
- 10Cuisine espagnoleTortilla, jambon, pulpo á feira, cochon de lait, pintxos
- 11Cuisine méditerranéenneHoumous, moussaka, couscous, pâtes, poisson en croûte de sel
- 12Combien coûte un repasDe 6 € à 50 € : l'échelle réelle
- 13Menu du jourEntrée, plat, dessert et boisson
- 14Buffet à volontéPrix fixe, familles et groupes
- 15Goûter et douceursTurrón, glace, horchata, cheesecake
- 16Dîner : italienPizza napolitaine, carbonara, burrata
- 17Viandes et grilladesEntrecôte, secreto, côte de bœuf, picaña
- 18Alicante internationaleArepas, tacos, kebab, sushi, poke, libanais
- 19Manger tard dans la nuitBurger, kebab, churros, sandwich
- 20Par quartiersCentre, Explanada, port, San Juan, quartiers
- 21Tous les établissementsCartes vérifiées plat par plat
Les incontournables
Ne nous mentons pas, Alicantins comme visiteurs : ici, on vient manger du riz. Pas n'importe lequel — j'imagine déjà le touriste qui pense « paella de fruits de mer avec du chorizo », un sacrilège pour le palais local. Ici, le riz obéit à d'autres règles, avec sa cérémonie et ses temps. L'arroz a banda est un classique indiscutable, avec son bouillon de poisson servi à part, pour tremper le pain jusqu'à la dernière goutte, un fond marin d'un umami pur.
Mais ça ne s'arrête pas là. Il y a aussi l'arroz con costra, un joyau de la Vega Baja qu'on vénère aussi à Alicante, coiffé d'un chapeau d'œuf battu et gratiné qui forme une croûte dorée au four. Attention, ce n'est pas pour tous les jours, ça cale sérieusement, mais un jour de fête, entre amis dans une maison de campagne ou dans un restaurant traditionnel du côté d'El Palmeral ou du Palamó, ça n'a pas de prix.
Et tout n'est pas riz : nous sommes aussi gens de mer, avec une criée qui rapporte chaque jour des trésors sur notre côte. Les quisquillas fraîches, ces petites crevettes presque transparentes, cuites juste comme il faut à l'eau de mer, avec ce goût iodé qui vous transporte directement au port, aux étals du Marché central. En saison, l'été surtout, on vous les sert au comptoir avec un peu de citron : un pur bonheur.
Et que dire de la coca amb tonyina, le prélude incontournable des Hogueras de San Juan, même si on la mange tout juin et juillet. Une pâte fine et croustillante, comme une pizza mais différente, garnie de thon de sorra et d'oignon confit doucement, avec des pignons et parfois du paprika. La tradition veut qu'on l'accompagne de figues fraîches (« bacores ») : un mariage de sucré-salé qui coupe le souffle.
Et pour finir en beauté, le turrón. Oui, le turrón, qui n'est pas seulement une affaire de Noël, contrairement à l'idée reçue.
Impossible d'oublier l'olleta alicantine, un plat humble et roboratif, parfait pour les journées fraîches d'automne et d'hiver.
Petit-déjeuner
Ici, à Alicante, le petit-déjeuner est bien plus qu'un simple remplissage d'estomac : c'est un vrai rituel, ancré dans l'âme de chaque Alicantin. La plupart d'entre nous le prenons debout au comptoir du bar habituel, tôt le matin. Entre huit heures et dix heures et demie, surtout dans des quartiers comme le Pla ou autour du Marché central, c'est une ruche, une symphonie de voix et de tintements de verres.
Et que commande-t-on pour accompagner ce moment sacré ? Le classique, bien sûr. Un café con leche, incontournable, le roi indiscutable. Si vous surveillez votre ligne, ou préférez quelque chose de plus court mais intense, un cortado est votre allié. Et pour tremper, la tostada à la tomate et à l'huile d'olive, un classique qui ne déçoit jamais. Simple mais efficace et délicieux. L'huile, toujours locale, de notre province, qui donne un arôme et un goût uniques.
N'oublions pas les churros au chocolat. Pas pour tous les jours, la vie saine compte aussi, mais de temps en temps, une petite folie ne fait de mal à personne. Les bons, ceux qu'on fait à la minute dans la churrería du quartier, qui embaument la cannelle et le sucre dès le coin de rue, sont croustillants dehors et moelleux dedans. Et le chocolat, épais, brillant, qui colle au churro et vous tache le visage de pur plaisir.
Un conseil d'ami pour le touriste : si vous êtes pressé, ne demandez pas un « petit-déjeuner continental ». Ici, c'est plus authentique, avec un goût de tradition et de convivialité. Ne vous perdez pas dans la variété, car au fond c'est simple : café, tostada et un peu plus si l'envie vous prend. Choisissez ce qui vous tente et laissez-vous porter par l'ambiance, le brouhaha des conversations et l'odeur du café fraîchement fait.
Ce rituel matinal, qui peut sembler un simple petit-déjeuner, est en réalité un pilier de notre identité alicantine.
Le milieu de matinée : l'almuerzo
Ici, à Alicante, ce moment de milieu de matinée n'est pas un simple en-cas pour tromper l'estomac. C'est, je le dis sérieusement, presque une religion, un pilier de la journée. Entre onze heures et une heure, les bars se remplissent à ras bord. On y voit le maçon avec sa combinaison tachée de plâtre, l'employée de bureau tirée à quatre épingles, le retraité avec son journal sous le bras, et tous, absolument tous, partagent une table, des rires et, surtout, l'almuerzo.
Et que met-on dans son assiette pour continuer la journée avec de l'énergie ? Il y a des classiques increvables, de véritables totems de notre gastronomie de comptoir. Le sandwich de seiche à la plancha est une icône, une institution. Avec sa mayonnaise douce, qui apporte du fondant, ou pour les plus courageux, avec un bon allioli maison, qui vous laissera l'haleine fraîche pour le reste de la journée — ou pas ! Un autre incontournable est celui au filet de porc et poivrons, simple en apparence mais redoutablement réconfortant.
Une erreur fréquente chez les visiteurs : vouloir commander un café. On peut, personne ne vous en empêchera, mais ce n'est pas l'esprit de l'almuerzo alicantin. Ici, on préfère le « quinto » de bière — un petit demi bien frais, avec sa mousse qui s'accroche à la moustache. Ou un vin blanc du pays, si vous voulez plus de distinction.
N'attendez ni luxe ni fioritures, car ici on est gens de coutumes simples mais bien ancrées. C'est l'almuerzo ouvrier, dans sa forme la plus pure et authentique. Les bars sont généralement modestes, sans grande décoration. Des tables en formica marquées par de vieilles batailles, des chaises increvables.
Je me souviens d'une fois dans le quartier de San Blas, dans un bar de toujours, de ceux qui sentent l'histoire et la friture.
Les riz
Je suis Alicantin de toujours et, s'il y a une chose que nous avons dans l'ADN, c'est le riz de midi. Ce n'est pas un repas comme un autre, c'est un rituel, un rendez-vous incontournable qui, de treize heures trente à quinze heures trente, paralyse la ville. On ne se dépêche pas ici : on savoure chaque grain, chaque nuance.
L'arroz a banda est un classique de manuel, un plat qui parle de la mer sans fioritures. La clé est dans son nom : « a banda », c'est-à-dire « à part ». On cuisine le poisson d'un côté pour en tirer un bouillon d'une pureté marine totale, puis on cuit le riz avec ce bouillon. Le résultat est un riz moelleux, au goût de mer qui vous transporte à la criée en un clin d'œil, sans autre distraction que la céréale elle-même.
Il y a aussi l'arroz del senyoret, comme son nom l'indique conçu pour les plus douillets, ceux qui ne veulent pas se salir le bout des doigts. Sa magie tient au fait que tous les ingrédients de la mer — crevettes, calamars coupés, morceaux de seiche — arrivent déjà décortiqués et coupés, prêts à être dégustés à la fourchette. L'option parfaite pour savourer les fruits de mer sans batailler avec les carapaces.
Et pour les plats consistants qui vous réconfortent jusqu'à l'âme, il y a l'arroz con costra. Un plat de cuillère qui réchauffe vraiment. Cuit au four, avec une profusion de charcuterie et de viande, couronné d'une couche d'œuf battu qui, en cuisant, forme une croûte dorée et délicieuse. Un plat qui vous enveloppe de l'intérieur, pas vraiment léger, donc peu adapté à l'été — sauf si vous êtes un pur Alicantin insensible à la chaleur.
Et même si ce n'est pas du riz, la fideuà a bien mérité sa place ici. Pour moi, c'est comme la cousine germaine des riz, tout aussi savoureuse et conviviale. De fines nouilles grillées qui s'imprègnent de tout le goût des fruits de mer. La tradition veut qu'on la mange directement à la poêle, à la cuillère en bois. Une expérience communautaire, de celles qui rassemblent.
Et nous arrivons au moment suprême, le joyau de la couronne, le Saint Graal de tout amateur de riz qui se respecte : le socarrat.
Cuisine alicantine de l'intérieur
Ici, à Alicante, la côte est merveilleuse, avec son arroz a banda et ses salaisons irrésistibles, on le sait tous. Mais l'intérieur, la montagne, c'est une tout autre histoire. Une histoire de saveurs franches, de plats de cuillère réconfortants et de tradition palpable à chaque bouchée. Là où la mer ne parvient pas, les plats se font avec ce que donne la terre, le potager, les cultures sèches et la basse-cour.
Quand on parle de cuisine de l'intérieur, impossible d'oublier la pericana, cette merveille qu'on trouve dans n'importe quelle taverne de la sierra. Mon grand-oncle Paco, à Gorga, disait toujours qu'« une bonne pericana se fait avec les mains, pas avec la montre ». De la morue effeuillée, de bons poivrons secs, une généreuse rasade d'huile d'olive vierge extra et de l'ail violet.
Il y a aussi la pebrereta, semblable à la pericana mais avec des tomates rôties et des poivrons rouges, une variante plus douce, idéale pour s'initier à ces saveurs puissantes. Un autre plat qui surprend par sa simplicité et son intensité. On vous le sert dans les bars d'Alcoi ou de Cocentaina, souvent en tapa pour accompagner la bière. Et le giraboix, qui sonne comme un conte : un plat de blettes et de pois chiches, de ceux qu'on cuisinait avec ce qu'il y avait à la maison quand le garde-manger n'était pas très joyeux.
La cuisine des terres sèches, celle de la montagne, est l'antithèse de celle de la côte.
Et ne croyez pas que cette cuisine ne se déguste que par temps froid.
Poisson et fruits de mer
Ici, à Alicante, quand on parle de la mer, on ne plaisante pas. La quisquilla de Santa Pola, par exemple, il faut la goûter pour comprendre le déclic qu'elle provoque. Petite mais costaude, sucrée à souhait, on la mange par poignées et elle laisse un goût salé qui transporte directement à la côte, à cette odeur d'iode de la plage du Postiguet. Ce n'est pas une question de taille, c'est le goût, cette texture qui fond en bouche, une merveille.
Le poulpe séché, voilà de quoi rendre perplexes ceux qui ne sont pas d'ici. Ils le voient, raide comme une mojama, et ne savent pas quoi en faire, ils pensent que c'est une décoration. Mais nous, qui en mangeons depuis l'enfance, chez grand-mère ou dans n'importe quelle taverne du quartier d'El Pla, savons que c'est un mets divin. Un petit morceau grillé, un filet de notre huile d'olive vierge extra, et c'est tout, rien de plus.
La seiche à la plancha est un autre classique indéboulonnable, un plat qui ne manque jamais sur une table alicantine digne de ce nom. Aucun chiringuito de la plage de San Juan ni restaurant du centre, près de l'Explanada, n'en fait l'impasse. Fraîche, cuite juste comme il faut, avec son ail haché et son persil frais, cette touche verte qui illumine tout. On la commande à partager, au centre de la table, en discutant avec les amis — même si on regrette ensuite de ne pas en avoir pris une pour soi tout seul, tant elle disparaît vite !
Et côté poisson grillé, impossible de ne pas mentionner la dorade ou le bar sauvage. Des poissons au vrai goût de mer, pas d'élevage. Ici on les prépare entiers, tête comprise, car c'est là que se cache une partie du plaisir, les sucs. Mon père se disputait toujours avec mon oncle pour la tête du poisson, « le meilleur morceau », disait-il, « là où est l'essence ». À la plancha, avec un bon filet d'huile d'olive et, éventuellement, des pommes de terre « à lo pobre » en accompagnement.
Pour vraiment comprendre ce que je raconte, il faut aller à une de nos criées. Celle de Santa Pola, par exemple, est un spectacle à l'aube, avec la criée et l'effervescence, ou celle d'Alicante, près du port. Ou dans un marché, où l'on sent aussi le bon produit, comme le Marché central, en plein centre-ville, un temple de la gastronomie.
Ce n'est pas seulement manger, c'est vivre le processus, le respect du produit, depuis la mer jusqu'à l'assiette.
Marché central
Le Marché central, pour les Alicantins pur jus, est bien plus qu'un simple endroit pour remplir le frigo ; c'est l'épicentre même de notre gastronomie, le point de départ de tout ce qui finit de bon dans nos assiettes. On s'y rend tôt, quand le soleil pointe à peine sur le Postiguet et que le brouhaha des camionnettes de livraison résonne encore, et déjà cet arôme inimitable de mer et de potager, mélange d'iode et de terre humide, vous dit clairement que vous êtes chez vous.
Après un ou deux tours, obligatoires pour se mettre dans l'ambiance, et après avoir grignoté un peu de fromage affiné ou de charcuterie maison à un étal, on réalise que le Marché est un univers en soi, pas seulement pour les courses du jour. Les comptoirs qui parsèment les allées, dedans comme dehors, sont une tentation irrésistible à midi, une invitation à rester et à profiter sans se presser. La clé : venir l'esprit ouvert et l'estomac prêt — des gambas rouges à la plancha ici, qui fondent en bouche, des calamars à l'andalouse là, croustillants et tendres à la fois, et pour finir, une horchata fraîche ou une glace artisanale qui vous fait léviter.
L'ambiance à ces heures-là est tout simplement incomparable.
Mais attention, le Marché a ses propres règles et horaires : si vous n'êtes pas attentif, vous risquez de rester sur votre faim.
Salaisons
Ici, à Alicante, les salaisons sont plus qu'une habitude ; c'est une vraie religion, un héritage qu'on savoure à chaque comptoir digne de ce nom. Impossible d'imaginer un apéritif sans son assiette de mojama ou d'œufs de poisson, ou sans ces plateaux fièrement exposés dans les bars historiques du centre, du Barrio ou autour de la Plaza de Gabriel Miró. Cette technique ancestrale de conservation du poisson dans le sel, déjà utilisée par nos arrière-arrière-grands-parents, était la clé pour conserver les aliments avant l'existence des réfrigérateurs.
La mojama de thon, par exemple, est un classique incontournable. Ce n'est pas juste un morceau de poisson séché ; c'est le filet du thon, traité avec soin et pressé jusqu'à obtenir cette texture unique. On la coupe en tranches fines, presque transparentes, aussi délicates que du papier, et on la sert avec un généreux filet de notre or liquide, une bonne huile d'olive vierge extra de la province, bien sûr. Certains y ajoutent des amandes marconas grillées, de celles qu'on vend au Marché central, qui apportent du croquant, mais moi je préfère la déguster telle quelle, sans artifice, pour en savourer toute l'essence.
Il y a aussi le capellán, un poisson plus humble mais au goût qui coupe le souffle. C'est de la morue ou du merlan bleu, séché au soleil sur nos terrasses ou les fils à linge des vieilles maisons du Raval Roig, où l'air salé de la plage lui donne une touche inimitable. Autrefois on les suspendait aux fenêtres des maisons de pêcheurs, on les voyait sécher au soleil en se promenant l'après-midi.
D'où son nom particulier. On les mange sans arêtes, tartinées avec maestria sur une tranche de pain de campagne avec une bonne tomate râpée, de celles du potager alicantin qui ont un goût divin. Mon oncle Antonio, expert en la matière, les accompagnait toujours d'oignon nouveau émincé et d'un bon filet d'huile. Un goût franc, authentique, qui vous transporte directement dans l'Alicante d'autrefois, dans les ports de pêcheurs et les criées grouillantes de vie.
Les salaisons font tellement partie de notre identité qu'elles sont indissociables de nos fêtes. Que serait une barraca des Hogueras sans une assiette de salaisons sur la table ? Pendant la grande semaine de juin, quand les Hogueras illuminent chaque coin de la ville, dans les barracas et les racós, impensable de ne pas trouver de bons plateaux de mojama, d'œufs de poisson et de capellán pour accompagner la sangria ou la mistela.
Et que dire de la morue salée, un chapitre à part de notre gastronomie.
Tapas et bars
Ici, les tapas relèvent presque de la religion, un mode de vie, dirais-je. Ne cherchez pas de grandes pancartes « TAPAS » à chaque coin de rue ni de rabatteurs vous poussant à entrer comme dans une attraction de foire. Elles sont simplement là, au comptoir, prêtes à faire partie de votre journée. Certains lieux gardent toujours leurs spécialités, immuables, d'autres changent un peu, histoire de ne jamais s'ennuyer et de garder une excuse pour revenir.
Que personne ne s'attende à retrouver la même tapa partout, ce serait comme vouloir que tous les riz aient le même goût. Chaque maître a sa recette, comme dit le dicton, et ici c'est appliqué à la lettre. Mais il y a des classiques increvables, ceux qui sauvent toujours un dîner improvisé. Les montaditos, par exemple, sont une valeur sûre : petits, variés, parfaits pour goûter un peu de tout sans trop se remplir.
Une erreur fréquente chez les visiteurs, que je vois souvent, c'est de commander la tapa comme un plat principal. Ici c'est fait pour grignoter, partager entre amis ou en couple, accompagner une bière bien fraîche ou un bon vin local. Ne vous sentez pas obligés d'en commander trois ou quatre pour vous seuls, ce n'est pas une course de fond. Prenez-en une ou deux, goûtez, savourez calmement, et si ça vous plaît, vous en reprenez ou changez d'endroit, il y en a beaucoup et de très bons.
Ne vous inquiétez pas si un endroit n'a pas une carte de tapas immense, digne d'une encyclopédie. Parfois, les meilleures sont les plus simples, celles de toujours, celles que le serveur vous récite avec le sourire. Demandez toujours ce qu'il y a hors carte ou ce qui vient d'arriver frais ce jour-là, surtout côté fruits de mer. C'est là que se trouvent les vraies pépites, ces goûts authentiques qui donnent envie de revenir.
Concernant les tapas, il faut aussi tenir compte des horaires, particuliers ici. Oubliez l'idée de sortir tapear à cinq heures de l'après-midi, sauf dans un lieu très touristique.
Et si vous osez essayer quelque chose de différent, cherchez ces bars qui, sans être spécialisés en tapas, ont toujours quelque chose à grignoter avec la boisson.
Cuisine espagnole
Ici, à Alicante, nous sommes très attachés à notre terroir, c'est certain. L'arroz a banda, l'olleta, la fideuà... ça passe en premier, c'est dans notre sang. Mais ça ne nous empêche pas d'apprécier un bon festin venu d'ailleurs, des autres cuisines d'Espagne, bien au contraire. La galicienne, par exemple, est un classique qui ne déçoit jamais ici. Je me souviens, dans le quartier du Pla, dans un bar de toujours, avoir commandé un pulpo a feira.
Et que dire de l'empanada galicienne, au thon, à la viande ou même aux coquilles Saint-Jacques si vous avez de la chance et que le lieu a soigné le produit. Cette pâte feuilletée généreusement garnie est parfaite à partager à table ou même à emporter pour le dîner. Certaines boulangeries des quartiers de Campoamor et Carolinas, sans être galiciennes, en ont pris le tour à la perfection.
Vient ensuite la basque. Ah, la basque. Que dire de bons pintxos, avec leur comptoir plein de couleurs et de saveurs au Marché central ou dans les rues alentour, du côté de Castaños. Y aller de l'un à l'autre, goûter un peu de chaque chose, c'est une expérience à vivre sans se presser, avec une bière bien fraîche ou un txakoli. Je me souviens d'un après-midi, avant un match du Hércules, en train de pintxear
avec mon ami Rafa. Chaque pintxo était une surprise, une explosion de saveur. Et parlons de la txuleta, ça m'émeut déjà. Cette viande grillée, cuite à la perfection, fond en bouche. C'est vrai qu'ici on n'a pas la même tradition de sidrería basque, mais il n'est pas difficile de trouver un restaurant du centre ou du quartier de San Gabriel qui s'y risque et lui donne une touche bien particulière, parfois accompagnée de légumes du potager alicantin.
Pour la txuleta, une bonne astuce : demander l'origine de la viande et le temps de maturation ; ça ne fera pas de vous un expert, mais ça montre de l'intérêt et vous assure que le serveur vous servira ce qu'il a de mieux.
à l'intérieur.
Et l'Andalousie, alors ?
Cuisine méditerranéenne
Ici, à Alicante, la cuisine méditerranéenne, c'est du sérieux : pas seulement la nôtre — même si elle compte aussi —, mais tout un univers de saveurs baigné par cette mer qui nous fait vivre. De l'Italie au Maroc, en passant par la Grèce et le Liban, la table se remplit d'arômes et de goûts qui ont un point commun : le soleil qui bronze au Postiguet, l'huile d'olive vierge extra de nos montagnes et la bonne compagnie qui prolonge le repas jusqu'au goûter.
Ce qui m'amuse toujours, c'est la surprise du visiteur devant la vraie diversité de notre offre. Il pense que la méditerranéenne, c'est juste du poisson grillé et des salades simples. Et oui, c'est très bon, surtout un bon rouget du jour ou une salade de capellanes aux ñoras, mais c'est bien plus. Il y a l'italien, bien sûr, qui ne déçoit jamais ; une pizza napolitaine, des pâtes al dente aux fruits de mer... qui refuserait ça après une journée de plage ?
Et si on parle du Liban ou du Maroc, ça devient encore plus intéressant. Je me souviens d'une fois où ma voisine María, qui a un don pour la cuisine, nous a préparé un tajine de poulet au citron confit dont je rêve encore. Le houmous maison, le falafel croustillant, ce taboulé si frais qui rafraîchit le palais après une journée de chaleur... Des saveurs qui vous transportent sans avoir besoin de prendre l'avion depuis l'aéroport d'El Altet.
Pour les plus aventureux, les restaurants du Rebolledo ou de San Vicente del Raspeig proposent souvent des propositions très authentiques, souvent tenus par des familles qui transmettent les recettes de leurs grand-mères. N'hésitez pas à demander les plats du jour ou les suggestions hors carte : c'est parfois là que se cachent les vraies pépites.
Question horaires et habitudes, la plupart de ces restaurants, surtout les plus authentiques, ouvrent à midi pour le déjeuner et le soir pour le dîner.
Combien coûte un repas
Une des questions qu'on me pose le plus, à juste titre, c'est combien coûte un repas ici. Ça dépend beaucoup de ce que vous cherchez. Si vous optez pour le menu du jour classique, comptez douze à quinze euros pour très bien manger dans de nombreux endroits. Entrée, plat principal, dessert, boisson et parfois même café. C'est l'option la plus pratique pour le midi, et on y mange bien, je vous l'assure.
Si vous préférez le tapeo, le budget devient plus flexible. Vous pouvez grignoter rapidement et prendre une bière pour cinq ou six euros, ou faire un vrai dîner à base de raciones pour vingt à vingt-cinq euros par personne. Ça dépend de votre soif et de votre faim. L'avantage des tapas, c'est qu'on peut goûter beaucoup de choses sans se ruiner, et si l'envie vous prend, il y a toujours le temps pour un dernier plat plus consistant, comme un bon sandwich de filet mignon et poivrons.
Le riz, c'est une autre histoire, et on le prend très au sérieux, comme une religion. Ça se voit dans le prix, et à juste titre. Un bon riz par personne dépasse rarement les quinze euros. Et pour un riz de fruits de mer, avec la gamba rouge de Denia, ou une spécialité comme l'arroz a banda avec son poisson à part, on grimpe tranquillement à vingt ou vingt-cinq euros. C'est la spécialité de la maison, on sait le faire, et ça se paie.
Pour une vraie expérience de riz, mieux vaut aller dans un lieu qui a du vécu, de ceux qui préparent des paellas et des arroces a banda depuis toujours. En plein août, avec la ville pleine de vacanciers, trouver une table sans réservation est parfois quasi impossible, surtout près de la plage de San Juan ou sur le paseo de l'Explanada. En haute saison, comme les Fallas ou Pâques, mieux vaut réserver au moins deux jours à l'avance.
Ensuite viennent les fritures de poisson et les fruits de mer, un autre joyau de notre gastronomie, surtout si vous aimez « saucer » dans la sauce.
Et en parlant de gourmandises, impossible d'oublier les desserts.
En général, à Alicante, on peut très bien manger sans se faire arnaquer.
Buffet à volonté
Quand la famille est grande et le budget serré, le buffet à volonté se présente, que voulez-vous, comme une vraie bouée de sauvetage. On sait ce que ça va coûter, sans surprise de dernière minute, et chacun mange ce qui lui plaît. Ici, à Alicante, comme partout, il y a des options pour tous les goûts, des classiques chinois ou japonais, avec leurs montagnes de riz cantonais et, avouons-le, des sushis d'origine douteuse par endroits, jusqu'à des propositions plus méditerranéennes, un peu plus chères mais promettant, en théorie, une meilleure qualité.
Mais alors, quand un buffet à volonté vaut-il vraiment le coup ? Là est toute la question. La clé, je le dis par expérience, c'est la faim que vous avez et, bien sûr, la compagnie. Si vous mangez avec des gens qui picorent comme des oiseaux, le prix fixe devient un inconvénient et vous finissez par payer pour leurs airs. Mais si vous êtes de bons mangeurs, de ceux qui ne laissent même pas les miettes, et que vous voulez goûter un peu de tout sans que l'addition explose comme une fusée des Hogueras de San Juan, alors oui, c'est votre moment.
À Alicante, on trouve pas mal d'établissements asiatiques ayant adopté le format buffet, certains avec plus de grâce que d'autres. On les trouve surtout dans des zones comme le quartier du Pla ou la Vía Parque, avec le fameux wok en direct, où vous choisissez les ingrédients, légumes, poisson ou viande, cuisinés sur-le-champ, ce qui, avouons-le, apporte une fraîcheur appréciable.
La dynamique du buffet, du moins ici, est assez claire. En général, le week-end ou aux heures de pointe, vers deux heures pour le déjeuner, il y a probablement la queue, donc ne venez pas pressé. Une fois à l'intérieur, on vous attribue une table, et c'est parti. La boisson est généralement commandée au serveur, qui vous l'apporte à table — inutile de la chercher au buffet, vous ne la trouverez pas.
Dernièrement, on voit aussi apparaître des buffets avec une cuisine plus locale ou méditerranéenne, et ça, ça me réjouit le palais.
Goûter et douceurs
Quand le soir tombe sur Alicante, après un bon petit riz en famille et une promenade sur l'Explanada, avec le bruit des vagues en fond et la brise marine, l'envie de sucré nous prend, comme souvent ici. Et croyez-moi, cette terre a de quoi rassasier n'importe qui. Le plus évident, bien sûr, c'est le turrón. Mais pas seulement à Noël, attention ! Ici on en mange toute l'année, sans complexe. Celui de Jijona, moelleux, qui fond en bouche comme une caresse, et celui d'Alicante, dur, avec ses amandes entières croquantes à chaque bouchée.
Mais tout n'est pas turrón, loin de là — on aime bien manger et encore mieux boire ! Quand il fait chaud, et à Alicante il fait souvent chaud, de mai à octobre, un granizado au citron vous sauve la vie. Frais, avec ce point acidulé qui réveille les sens et coupe la soif d'un coup. Enfant, en sortant de l'école dans le quartier de San Blas, on se disputait la dernière gorgée au kiosque de la place.
Et puis il y a les classiques de toujours, ceux qui rappellent grand-mère en cuisine, tablier sur le dos, les mains dans la pâte. La toña, cette brioche moelleuse et sucrée, parfois avec un œuf dur cuit au centre, surtout à Pâques, mais qu'on mange à toute heure. Ma tante Concha m'en gardait toujours une pour ma visite, en disant que l'œuf servait à « avoir de la force ». Ou la mona, même idée mais plus festive, décorée de figurines en chocolat et plus colorée.
Pour les amateurs de chocolat, ou quand la journée réclame un peu de chaleur, un bon chocolat chaud, épais et parfumé, avec des churros à peine faits. Ça ne rate jamais.
Et question glaces, ne croyez pas qu'on n'ait que la vanille ou le chocolat traditionnels.
Dîner : italien
Aujourd'hui, parlons italien, tout n'est pas riz et salaisons, non ? Ici, à Alicante, l'offre est plus que généreuse. Si vous pensez que la pizza, c'est une seule chose, vous allez être surpris. La napolitaine, avec son bord épais et alvéolé, celle qu'on voit partout sur Instagram, est la star, oui. Mais la romaine, plus fine et croustillante, a ses fervents adeptes. Moi, honnêtement, j'aime les deux.
Mais il y a une vie au-delà de la pizza, bien sûr. Les pâtes fraîches sont un univers à part entière. Dans beaucoup de vrais bons établissements, pas ceux qui font semblant, on les fait maison, avec de la semoule, des œufs du pays et les mains, et ça se sent. Un bon plat de pâtes, avec une sauce simple mais bien travaillée, de celles qui réchauffent l'âme, égaie la journée. Une vraie carbonara, avec du guanciale et du jaune d'œuf, sans crème s'il vous plaît, c'est un crime.
Pour quelque chose de plus authentique, de ceux qui donnent l'impression de se téléporter, les trattorias de quartier sont une valeur sûre. Ces petits endroits, sans grand luxe ni écrans plats, où l'on mange comme chez grand-mère, avec ce soin qui se sent à chaque bouchée. J'en connais quelques-unes dans le quartier de Carolinas Altas où le nonno pétrit encore les pâtes chaque matin et la mamma vous récite la commande avec une gentillesse désarmante.
Et dîner en terrasse à Alicante est presque une obligation, une coutume sacrée. Avec le climat qu'on a, ce serait un péché de ne pas en profiter. Les nuits, fraîches en été, idéales pour échapper à la chaleur du jour, et agréables en hiver, avec une petite veste, sont un vrai luxe. Une bonne pizza ou un plat de pâtes en terrasse avec ses proches, un verre de vin local ou une bière fraîche, en regardant la vie passer sur l'Explanada ou le Port.
Si vous cherchez une de ces pépites, éloignez-vous un peu des zones les plus touristiques, même si le centre réserve toujours quelques surprises.
Viandes et grillades
À Alicante, quand on parle de viande, ce n'est pas anodin, loin de là. On a une culture de la bonne cuisine qui se voit jusque dans la découpe, dans le soin apporté à chaque pièce. Ici, on aime le produit de qualité, et si possible à la braise, alors là c'est le bonheur pur. On n'est pas de ces villes envahies par la mode du burger gourmet avec mille ingrédients qui finissent par masquer le goût ; on préfère un beau chuletón, avec son os, son persillage juste comme il faut pour que chaque bouchée fonde en bouche.
La braise est la vedette incontestée de nombreuses grillades, surtout dans le centre ou l'Ensanche, où l'offre est plus variée. Et si c'est au feu de bois, encore mieux, un autre niveau. Cet arôme inimitable qui arrive de la rue, le croustillant de la croûte sous le couteau, cette petite touche fumée qui donne à la viande un goût particulier. Les grillades argentines, d'ailleurs, ont bien pris ici ; il n'est pas rare de les voir pleines, dans une ambiance animée.
Quand vous commandez de la viande ici, faites attention à la cuisson. Pour nous, un bon chuletón doit être saignant, presque cru. Rose à l'intérieur, juteux, le sang doit rester dans l'assiette mais pas dans la viande. Si vous demandez « bien cuit », on risque de vous regarder avec surprise, comme si vous demandiez un sacrilège, mais on vous le servira comme vous voulez, avec professionnalisme. Mais vous perdrez une partie de l'expérience et du vrai goût.
Un conseil pour le touriste ou pour qui vient d'ailleurs et veut goûter la vraie viande d'ici : ne vous laissez pas séduire par les enseignes lumineuses promettant le « meilleur chuletón du monde » à des prix dérisoires, il y en a beaucoup près du port. La qualité se paie, et une bonne viande bien travaillée à la braise a son juste prix. Si vous voyez un endroit peu fréquenté à l'heure de pointe, méfiez-vous. Demandez au Marché central, aux bouchers eux-mêmes, où ils mangent habituellement, ou laissez-vous conseiller par le serveur, qui sait généralement de quoi il parle.
Quand l'envie de viande vous prend, et pas n'importe laquelle, cherchez ces grillades où l'odeur du bois est ancrée dès l'entrée.
Alicante internationale
Alicante est devenue un creuset de cultures, je peux vous le dire, moi qui arpente ces rues depuis plus d'un demi-siècle. Avant, pour goûter quelque chose « d'exotique », on allait au chinois du coin, avec sa carte plastifiée et ses nems déjà connus. Maintenant, ça a changé, et pour le mieux. Il n'est pas rare de se promener dans le centre, du côté de Castaños ou du Marché central, et soudain, un arôme vous téléporte ailleurs.
Et question saveurs qui réveillent, le ceviche péruvien est un spectacle. Frais, avec cette touche de citron vert qui vous réveille d'un coup. Certains endroits, surtout du côté de l'Ensanche et de Benalúa, le réussissent à merveille, et je peux vous le dire, moi qui ai le palais fin et en ai goûté quelques-uns. Je me souviens qu'un ami péruvien m'a appris à distinguer un bon ceviche : la clé est dans le « lait de tigre », ce jus final, pur concentré de goût.
Et la cuisine chinoise, qui ne se résume pas au riz cantonais et au nem, hein. C'était le cas avant, et c'était déjà bon. Mais maintenant, certains endroits, surtout dans des ruelles plus cachées près du centre ou dans des quartiers comme Carolinas, surprennent avec de vrais plats, des recettes moins vues ailleurs, plus authentiques et complexes. Je parle de dim sum cuits à la vapeur, de canard laqué servi par le chef lui-même, ou de plats du Sichuan avec ce piquant qui engourdit la bouche.
L'arrivée de ces saveurs internationales a aussi transformé l'ambiance de certains quartiers. Se promener dans le quartier de San Gabriel ou près de la Plaza de los Luceros le week-end, c'est comme un petit voyage. On voit des familles entières profiter d'un brunch aux arepas ou d'une parrillada, et on entend différentes langues.
Alors, si un jour vous vous lassez de l'arroz a banda ou du caldero — qu'on se comprenne bien, ils restent des merveilles et font partie de notre identité — un monde de saveurs est à votre portée sans quitter Alicante.
Manger tard dans la nuit
Après une nuit à étirer la fête jusqu'à ce que le corps dise stop, ou plutôt jusqu'à ce que l'estomac réclame, à Alicante on sait bien quoi faire pour clore ça en beauté, ou plutôt en gras béni. Si vous sortez dans le centre, du côté du tardeo de Castaños et alentours, où le monde se rassemble de l'après-midi jusque tard dans la nuit, votre destination finale sera probablement un de ces classiques stands de kebab qui parsèment la rue.
Si votre soirée s'est déroulée du côté du Port ou du Barrio, où la fête se prolonge jusqu'au lever du soleil, ça change un peu, mais pas fondamentalement. Là aussi il y a des options pour l'affamé nocturne. Les hamburgers de toujours, avec la plaque toujours allumée et l'odeur d'oignon frit qui imprègne la rue, sont une vraie bouée de sauvetage. Je ne parle pas des grandes chaînes des centres commerciaux, mais des endroits de quartier, comme ceux qui tiennent rue Labradores ou dans le Raval Roig, qui préparent un burger simple mais réconfortant.
Et enfin, le grand classique pour finir la nuit alicantine : les churros. Oui, vous avez bien lu. À Alicante, si la fête se prolonge jusqu'à l'aube, chercher une churrería qui ouvre tôt est une tradition transmise de génération en génération. Pas pour tous les jours, mais une bonne assiette de churros au chocolat, chaude et sucrée, est la fin parfaite d'une nuit épique. Je me souviens d'une fois, après un concert à la Concha de l'Explanada, en août, avoir fini avec un groupe d'amis dans la churrería de la calle Calderón, à commander pour tous en riant aux éclats.
Un conseil d'ami, de ceux que le voisin donne en promenant son chien au Postiguet : si vous bougez dans les zones de sortie les plus populaires, comme le Barrio ou Castaños, vous aurez plus d'options ouvertes tard. Cherchez les rues perpendiculaires aux principales, qui cachent souvent de petits trésors.
Un dernier détail, tiré de nombreuses nuits de fête à San Juan ou pendant le Carnaval : ne vous en faites pas si vous ne trouvez pas l'endroit le plus glamour ni le local le plus moderne.
Par quartiers
Si on parle de manger à Alicante, la première chose qui vient à l'esprit, c'est le centre et, bien sûr, le quartier du Marché central. Là, il y a de la vie, et de la bonne, dès que le soleil pointe au Postiguet. On peut se perdre entre les étals du marché, déjà un spectacle de couleurs et d'arômes d'épices, de poisson frais et de fruits du potager. Mais la magie ne s'arrête pas là : autour, dans des rues comme Calderón de la Barca ou l'Avenida Alfonso el Sabio, bars et restaurants bourdonnent d'une ambiance contagieuse.
Ensuite il y a le Barrio, notre vieille ville, à l'ombre du château de Santa Bárbara. Ici, l'ambiance change. Les rues sont plus étroites, plus labyrinthiques, avec leurs petites maisons colorées et leurs pots de fleurs aux fenêtres, une atmosphère différente, plus bohème et avec ce côté canaille qu'on aime tant. Beaucoup de touristes s'y retrouvent, avec des endroits très tournés vers eux, surtout près de la Concatedral de San Nicolás ou de la Plaza de la Santísima Faz.
En direction du port et de l'Explanada, on change de dimension, plus ouverte, plus lumineuse. Ici, ce qui compte, c'est la vue et la promenade. Manger face à la mer a toujours son charme, un côté « vacances » quelle que soit la saison, même si les prix suivent parfois et pèsent un peu plus sur le portefeuille qu'ailleurs. Il y a des endroits plus élégants, avec nappes en lin et verres à pied, plus adaptés à un dîner spécial ou une célébration, et d'autres plus simples pour prendre un verre rapide ou un apéritif entre amis.
Et si on continue le long de la côte, en sortant un peu du centre, il y a les plages. La Playa de San Juan, par exemple, c'est une autre histoire. Une zone plus estivale, même pour les Alicantins eux-mêmes, avec beaucoup de chiringuitos et de restaurants en terrasse qui s'animent dès que le soleil chauffe un peu.
Mais Alicante, c'est bien plus que ses zones touristiques.
Dans ces quartiers plus résidentiels, comme La Florida ou Pla del Bon Repós, on trouve souvent le « menu du jour » à des prix très compétitifs, parfaits pour bien manger et en abondance sans se ruiner.
Tous les établissements
Choisir un restaurant à Alicante, c'est comme aller à la pêche. On peut avoir de la chance ou finir par manger quelque chose qui ne convient pas. Mon conseil, si vous venez d'ailleurs, c'est d'observer un peu avant de vous asseoir, de prendre le temps de vous promener et de sentir l'ambiance. Un bon signe qui ne trompe jamais, c'est de voir des gens d'ici, parlant valencien ou avec cet accent si caractéristique, qui sent la mer et la tramontane.
Autre chose que j'adore, et qui est très bon signe : le tableau des suggestions. Si les plats du jour sont écrits à la main sur une ardoise, avec la calligraphie du serveur de toujours, ça veut dire qu'il y a du produit frais du jour, que le cuisinier est passé au Marché central de bon matin et s'adapte à ce qu'il a trouvé, pas à une carte figée toute l'année.
Et pour les riz, notre spécialité, ce qui nous met sur la carte, il faut être prévoyant, pas d'autre choix. Un bon riz alicantin, avec son fumet de roche et sa cuisson parfaite, ne se fait pas en cinq minutes ni par magie ; c'est un travail d'amour, de patience et de savoir-faire. Ma grand-mère disait toujours qu'il fallait « chouchouter » le riz. Si vous allez au restaurant et demandez un riz sans l'avoir commandé à l'avance, il y a de fortes chances qu'on vous le prépare à la hâte, qu'il n'ait pas le bon goût, ou pire, qu'on vous serve un reste réchauffé indigne de notre réputation.
Je me souviens d'une fois, il y a déjà quelques années, dans le quartier du Barrio : des touristes s'étaient assis à une terrasse aux prix exorbitants.
























